Je suis née une nuit de novembre 1950 au coeur des corons du pas-de-calais;mon père était mineur;dur métier que le sien!qui n'a jamais entendu parler du fameux coup de grisou?
Ma naissance fut longue et laborieuse et eut lieu à domicile;j'étais,parait-il ,un adorable bébé...pendant la journée! car jusqu'à l'âge de 18 mois j'ai pleuré chaque nuit que Dieu fait !seul mon grand-père maternel,chez qui nous vivions,parvenait à m'endormir!
Son secret? Il se levait en pans de chemise,et me berçait en chantant "l'internationale" !!
C'était un communiste convaincu!...
Par jojosaturne1
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Mon grand-père
je me souviens très bien de mon grand-père!c'était un homme bon et affectueux;mes parents avaient loué une petite maison de corons depuis quelques années;devant la maison il y avait une grande pelouse(commune à tout le coron),où je pouvais jouer sans danger,car aucune voiture ne passait dans ce quartier!
Quand mon grand-père venait nous rendre visite,il s'approchait à pas de loup,derrière moi,et me cachant les yeux de sa main,il me murmurait: »qui c'est? »,et je répondais: »c'est pépé »,car à travers ses doigts écarquillés,j'avais reconnu le paquet de biscuits qu'il ne manquait pas de m'apporter à chacune de ses visites!!
Par jojosaturne1
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Les vacances dans le calaisis
la vie dans les corons n'était pas saine;en effet,les mines environnantes crachaient une poussière de charbon qui se collait partout,sur les murs,les chemins,mais également dans nos poumons!
Comme beaucoup des enfants du coron,j'étais maigre et maladive;je n'avais pas d'appétit.
l'une de mes tantes proposa un jour de m'emmener avec elle en vacance dans le calaisis où « l'air me ferait le plus grand bien »,disait-elle;mes parents acceptèrent malgré que maman eut le coeur gros de devoir se séparer de moi pendant tout un été!
Il est vrai que le grand air me revigorait!des journées entières je gambadais dans les prairies avec mon cousin.Le lait de la ferme et les bonnes tartines de confiture préparées par ma tante commençaient à remplir mes joues;la ferme voisine constituait un perpétuel émerveillement :les juments et leurs poulains avaient ma faveur!seule ombre au tableau:une nuée de poules naines dirigées par leur coq, m'effrayaient au plus haut point,et je prenais garde de ne pas trop m'en approcher.
Un dimanche,papa et maman,accompagnés de mon petit frère,vinrent nous rendre visite ;j'étais tellement contente de les revoir!Aussi,au moment de leur départ,les larmes ont commencé à couler le long de mes joues;il leur a donc fallu m'embarquer pour rentrer à la maison!
Mais,ça ne fait rien,j'avais été quand même bien contente de ces 3 semaines dans la nature,et l'année suivante j'y suis retournée!
Par jojosaturne1
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Petit Pierre
C'est par une nuit glaciale de février que Petit Pierre nous a quittés;je m'en souviens comme si c'était hier;j'étais petite fille et je dormais dans la même chambre que mes parents.Une nuit ,rentrant de la mine,papa poussa la porte de la chambre ,s'approcha du petit berceau et réveilla maman en disant »regarde le ptiot! ».Je n'oublierai jamais le cri déchirant de maman en découvrant le petit corps sans vie!Pierre n'avait que 6 mois,mais atteint d'une malformation qui l'aurait contraint à vivre grabataire,il avait en outre contracté un cancer;peut-être a-t-il mieux valu qu'il s'en aille rejoindre les anges;toujours est-il que l'absence n'en est pas moins dure à supporter!J'avais 4 ans à cette époque,mais à cet âge-là aussi on souffre...Au revoir Petit Pierre,je sais que tu as une autre mission à remplir...
Par jojosaturne1
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Le Val
Mon père ne pouvant plus exercer son métier de mineur,il dut se résoudre à chercher un autre boulot;il trouva un emploi dans une fonderie,près de Calais,et nous avons dû quitter nos corons;papa avait de drôles d'idées ;comme il était né à la campagne,il voulut absolument trouver une petite maison à la campagne,et c'est comme ça que nous avons atterri dans un coin perdu,peuplé d'une vingtaine de maisons ,y compris les fermes;maman,qui avait toujours vécu à la ville,s'habituait très mal à sa nouvelle vie;nous étions 3 enfants à cet époque;ses journées étaient bien remplies,mais la communication lui manquait cruellement!Elle avait fait connaissance de notre voisine,une solide gaillarde qui élevait ses 15 enfants(l'aîné était à l'armée,et le dernier avait 3 ans);je me souviens qu'au moment des repas,cette brave femme devait faire 3 services!Heureusement,chacun était bien organisé;l'une des filles avait la charge du repassage,une autre faisait les vitres,2 autres se chargeaient de la lessive(il n'y avait pas de lave-linge!).
Mon école se trouvait au village voisin,distant de 3 km,et comme aucun bus ne passait, eh bien nous allions à l'école à pieds;l'hiver ce n'était pas drôle du tout! En plus dans la maison d'en face ils élevaient des oies,et j'étais obligée de ruser pour pouvoir passer,car ces bestioles prennaient un malin plaisir à me courser pour me pincer les mollets!!!
Nous sommes restés 2 ans au Val;papa trouva bientôt un autre travail dans la banlieu même de Calais,et nous avons de nouveau déménagé.......dans un autre village,plus grand celui-ci....il y avait 140 habitants!!
Par jojosaturne1
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